Le mois de la Francophonie célébré par nos institutions
Chaque année, le mois de mars transforme l’espace francophone en un vaste laboratoire de célébration culturelle. Pour le RFN, c’est une occasion privilégiée de démontrer que nos institutions sont des acteurs dynamiques et engagés dans la vie de la Francophonie. Cette année, plusieurs membres du Réseau se distinguent par des événements d’exception, entre colloques scientifiques, hommages littéraires et rencontres intellectuelles.
La Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM) et les « jeudis de l’AIFBD* » !
Le 12 mars, la BNRM a accueilli en présentiel une nouvelle édition des « jeudis de l'AIFBD », consacrée à une question désormais centrale pour les métiers des bibliothèques : l’intelligence artificielle et ses usages professionnels. La séance a rassemblé des bibliothécaires de l’institution dans un esprit d’échange ouvert, où les considérations techniques ont côtoyé des interrogations plus fondamentales sur l’évolution du métier.
Placée sous le thème « Quand notre posture face aux intelligences artificielles révèle notre ADN ! », cette édition a proposé un regard ancré dans les sciences de l’information sur les intelligences artificielles génératives, les systèmes de génération augmentée par récupération ainsi que les agents autonomes, en s’appuyant sur des expériences concrètes menées dans une bibliothèque universitaire de Montréal.
Deux intervenantes ont partagé leur expertise : Élisabeth Lavigueur, fondatrice d’Infocyble et enseignante à l’École de technologie supérieure de Montréal, spécialiste depuis plus de vingt-cinq ans de la veille et de la gouvernance de l’information, et Frédérique Duval, bibliothécaire dans la même institution, engagée dans des projets à la croisée des arts, du design et de l’ingénierie. La modération a été assurée par Hanae Lrhoul, vice-présidente de l’AIFBD, et Benoît Epron, professeur associé à la Haute École de Gestion de Genève.
Inscrite dans le cadre du partenariat entre la BNRM et l’AIFBD, cette initiative témoigne d’une volonté commune d’accompagner les professionnels de l’information francophones dans la compréhension des mutations technologiques qui redessinent leurs métiers. Les jeudis de l’AIFBD illustrent ce que peut être une bibliothèque nationale de nos jours : un lieu de formation continue, de questionnement collectif et de solidarité professionnelle.
La Bibliothèque nationale de France (BnF) a rendu hommage à René Depestre
Le 16 mars, la BnF a ouvert le mois de la Francophonie par une soirée d’hommage à René Depestre, poète franco-haïtien né à Jacmel en 1926. À l’occasion du centième anniversaire de cet auteur que l’on surnomme le « fils créole de la francophonie », la BnF a proposé une soirée exceptionnelle au Petit auditorium François-Mitterrand.
La soirée s’est ouverte par la projection du documentaire de Patrick Cazals, René Depestre : chronique d’un animal marin (2004), tourné entre Haïti, Prague, Santiago du Chili, La Havane et le Sud de la France. Le film retrace le parcours du « nomade enraciné » à travers un siècle de révolutions et de désillusions. La projection a été suivie d’une lecture de poèmes par Beonard Kervens Monteau, comédien et poète haïtien.
Organisée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie et l’ambassade d’Haïti en France, cette soirée témoigne de la vocation des bibliothèques à être des lieux de mémoire vivante, où l’on prend le temps d’écouter les voix qui ont forgé la langue commune.
La Bibliothèque nationale du Luxembourg (BnL) accueille un colloque international : Malraux, la francophonie et les francophones
La BnL, en collaboration avec le Centre national de littérature, accueille ces 20 et 21 mars un colloque international sur André Malraux et la francophonie. L’événement réunit des chercheurs du monde entier pour revisiter l’œuvre et l’action de Malraux à travers le prisme de la langue française.
Les interventions exploreront un large panorama géographique et intellectuel : la place de la langue française dans ses romans, son rôle, souvent indirect mais réel, dans l’émergence de la Francophonie institutionnelle, ainsi que la réception de son œuvre en Afrique subsaharienne, en Tunisie, au Canada, en Belgique, au Cambodge, en Grèce et en Amérique latine. Un panorama qui dit aussi quelque chose de la portée universelle de la littérature de langue française.
Le colloque bénéficie d’une reconnaissance officielle en tant que formation agréée par l’Institut de formation de l’éducation nationale (IFEN) luxembourgeois, témoignant de la dimension pédagogique et citoyenne de la démarche. Une belle démonstration de la vocation des bibliothèques à nourrir le débat intellectuel en langue française.
Consulter le programme détaillé
Découvrez le colloque de la Bibliotheca Alexandrina : « L’Art de vivre : regards croisés sur l’être humain »
C’est à Alexandrie en Égypte que se clôture cette série de rendez-vous. Dans le cadre de la célébration du mois de la Francophonie, le Centre d’Activités Francophones de la Bibliotheca Alexandrina et l’Université Senghor organisent un colloque intitulé L’Art de vivre : regards croisés sur l’être humain. L’événement se tiendra les 1er et 2 avril 2026 au Centre de Conférences de la Bibliotheca Alexandrina.
Ce colloque multidisciplinaire propose une réflexion approfondie sur la condition humaine à travers des regards croisés philosophiques, artistiques, scientifiques et numériques. Il réunit des intervenants francophones de plusieurs continents, incarnant la richesse et la diversité de l’espace francophone contemporain.
La séance inaugurale sera diffusée en ligne de 11h30 à 12h30 (heure locale) : http://webcast.bibalex.org/
L’événement bénéficie du soutien de TV5Monde, de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et de plusieurs partenaires institutionnels. Qu’une bibliothèque égyptienne choisisse le français pour engager une réflexion aussi fondamentale sur la condition humaine illustre ce que la francophonie représente : un espace de pensée partagée, au-delà des frontières.
Ces quatre événements témoignent de la vitalité du RFN et de la place centrale que nos institutions occupent dans la promotion de la langue française et des cultures francophones. Qu’il s’agisse de célébrer un poète centenaire, de réunir des chercheurs autour d’une grande figure littéraire ou d’interroger ensemble l’art de vivre, nos bibliothèques prouvent chaque année que la Francophonie est bien vivante.
Rabat, Paris, Luxembourg, Alexandrie : quatre villes, quatre institutions, quatre façons de célébrer la Francophonie sans se ressembler. Il s'agit là l’une des forces du Réseau francophone numérique : la capacité de ses membres à porter ensemble, chacun à leur manière, une langue et une ambition communes.
*Association Internationale Francophone des Bibliothécaires et Documentalistes